Pull homme : tendance naturelle, grands motifs et déstructuration

Cet automne hiver 2019 – 2020, deux tendances s’affrontent. D’un coté, des pulls simples en laine naturelle beige, grise sans coloration. Et chez les marques créateurs : des modèles déstructurés, à manches extra longues, troués.

Les pulls suivent une tendance, qui est probablement plus qu’une simple mode, au développement durable et à l’utilisation de laines françaises, comme nous l’explique Pascal Gautrand, fondateur de Made in town, société qui a comme objectif la valorisation des savoir-faire locaux, principalement dans le textile, et qui encourage entre autres la renaissance des filières lainières françaises. « La production de laine française est passé de pratiquement 0 en 2018 à 15 tonnes cette année. Une filière commence à se reconstituer de la tonte, à la filature jusqu’à la confection. Dans les collections, je constate un retour à la naturalité, en réaction à l’usage du synthétique, jusque dans les couleurs avec des palettes de gris, de beiges. Elles sont neutres, naturelles, chinées. Les laines étant travaillés sans teinture ni décoloration, souvent les pulls gardent la couleur des toisons des races de moutons, comme celle du mérinos d’Arles. Les mailles et formes sont simples elles aussi, avec des jerseys ou cote 1/1 pour mettre en valeur matière ».

Les laines françaises sont utilisées par exemples par des marques ayant une démarche éthique et responsables comme Balzac Paris, Cécile Feilchenfeldt knitwear studio Paris qui créé des tricots pour de grandes maisons de couture, Le Mont St–Michel, Le Slip Français qui a élargit son offre « made in France » avec des pulls, ou encore Laetitia Modeste couture homme.

Plus une fibre est fine plus elle est douce et plus elle conserve la chaleur

Ces pulls faits de fibres naturelles protègent du froid. « Aucune fibre ne tient chaud, explique le Pr. Jean-Yves Dréan de physique et mécanique textiles de l’Ecole Nationale Supérieure d’ingénieurs sud Alsace. Ce qui isole c’est la quantité d’air qui est emprisonnée dans les fils. La capacité d’une fibre à emprisonner de l’air est d’autant plus importante qu’elle est fine et qu’elle est frisée et ondulée. C’est pour cette raison que cachemire et mérinos ont une capacité d’isolation thermique très élevée. Le cachemire mesure autour de 16 microns, le mérinos de 16 à 22, la laine d’agneau entre 14 et 16 mais elle est très fragile. Celle du mouton croisé de 22 à 40 et celle du mouton commun de 50 à 70 ». De plus, plus les fibres sont fines, plus elles sont douces.

Souvent aux laines naturelles, on ajoute un part de matière synthétique. Cela permet de réduire le coût de production, mais aussi d’alléger le poids des pulls, de renforcer la structure du fil qui va moins feutrer et mieux résister aux lavages.

Motifs figuratifs et pulls déstructurés

De leur coté, les marques de luxe et créatives proposent des pièces très fortes pour cette saison, avec des pulls « loose » aux manches ultra longues comme Bottega Veneta, Dries Van Noten, Ami ou Loewe. Des motifs Jacquard figuratifs : personnages, fruits, fleurs… comme Dior Homme, Louis Vuitton, Ami, ou Loewe. Ou encore des pulls déstructurés comme Fendi et JW Anderson. Certaines maisons ont fait défiler des modèles troués comme Ann Demeulemeester, Balmain ou Vêtements. Autre tendance mode : Alors que ces dernières années les cols étaient le plus souvent ronds ou roulés, cet hiver beaucoup de marques ont présenté des cols V. C’est le cas de Celine, Gucci, Prada Balmain, Gucci, Ami et Lacoste.

Un tour dans les magasins permet de constater que les marques plus grand public ne suivent pas tellement ces tendances : la plupart des propositions sont assez basiques. Je conseille d’ailleurs de ne pas suivre la mode, car un pull bien entretenu se garde des années, et donc de choisir un modèle uni fait d’une laine de qualité.