Madonna Rebel Heart Tour en DVD et Blu-Ray

Cette 10ème tournée de Madonna est probablement l’une des meilleures de la star. En 24 chansons, Madonna a réussi à transcender son album Rebel Heart sur scène combiné à d’anciennes chansons.

 

Le Blu-Ray du concert

Avant de parler du concert Rebel Heart Tour proprement dit, voici mon avis sur sa captation.

La qualité de l’image du Blu-Ray est excellente, ce qui est une performance dans l’obscurité des salles de concert. Mais il est dommage que le travail de post production soit trop important. Il donne un rendu parfois artificiel. Le son est souvent trop travaillé, surtout dans la première partie du show : on n’entend pas du tout le public pendant les chansons. Le travail de montage est lui aussi trop poussé, avec souvent un enchaînement de plans à la façon d’un clip vidéo. Des images sont au ralenti, d’autres apparaissent en surimpression. Pour certaines chansons, les captations de plusieurs dates ont été utilisées, où Madonna portaient des costumes différents. Mais avec le son issu d’un seul concert. C’est gênant car en conséquence il y a un décalage entre son et image. Bien qu’elle chante en direct, on a l’impression du contraire.

 

Le concert en 24 chansons

L’Asie, notamment le Japon, qui inspire Madonna depuis longtemps, est la principale évocation du début du concert, Sur Iconic, puis sur Bitch I’m Madonna. Celui-ci s’ouvre avec un ensemble de décors – costumes – chorégraphies – images projetées assez difficile à analyser : En film, Mike Tyson dans une cage, Madonna elle aussi derrière un grillage tour à tour en tenue glamour ou inspirée de Jeanne d’Arc. Sur scène, une armée de danseurs porte des costumes s’inspirant d’une exposition d’armures de samouraï qui s’est tenue au Los Angeles County Museum of Art. Mais ces guerriers japonais portent des crucifix et une écriture en hébreux au dessus de la tête. La première partie du concert s’inspire aussi de la Chine. En effet, Madonna, apparaît vêtue d’un kimono rouge sur une robe noire, elle parle en chinois avant de chanter Burning up. (J’ai demandé à un ami qui parle couramment cantonnais et mandarin de traduire ce qu’elle dit, mais il n’a pas réussi à comprendre. En revanche, il m’a dit que sur les panneaux en chinois, il est écrit : « Actrice majeure »).

Sexe et religions

La scène est en forme de sacré cœur. La religion et le sexe sont systématiquement présents chez Madonna. Ici, c’est avec notamment, sur Vogue des pôle danseuses en petite culotte et soutien gorge portant des voiles de nones, en fond des peintures pieuses de la renaissance, puis un tableau inspiré de la Cène, en version sexy avec ses danseurs torse nu. Pour sa chanson Devil Pray, la « pécheresse habitée par le diable » fait plier des représentants de toutes les religions.

Suit un interlude magnifique avec une chorégraphie utilisant un voile et de l’air. Le danseur finit sur un plan incliné avec des projections d’images de feu. Il semble se mouvoir dans les flammes.

USA, Station service, sixties

Changement total de décor, pour la chanson Body shop. Nous sommes maintenant dans un garage station service aux Etats-Unis. Dommage que Madonna abuse d’autotune… Parfois la star devient comique. Nous sommes dans une boutique des corps (Body shop), elle demande à ses musiciens de montrer leurs abdos, puis ironise : « Ce n’est pas en buvant 6 packs que vous les aurez ». S’accompagnant d’un ukulélé, elle enchaîne avec True Blue, chanson rarement chantée sur scène, dont la sonorité s’inspire du début des sixties. Cette fois, le son est brut est c’est bien mieux ainsi. A l’image, on voit beaucoup le public et souvent des hommes se faisant des bisous.

Le montage est de nouveau très haché pour Deeper and deeper avec des changements de plans rapides et des ralentis d’où un rendu très artificiel. Ce parti pris est peut-être une volonté de compenser le fait qu’elle bouge moins qu’avant. On ne va pas lui en vouloir, elle n’a plus 30 ans.

Pour Heart Break city, toute la mise en scène tourne autour de la présence d’un escalier en colimaçon. L’effet de surprise dramaturgique est très réussi lorsque du haut de celui-ci, elle jette le danseur qui l’accompagne au son du violon de Love don’t leave here anymore.

Vient ensuite l’un des meilleurs passages live avec Like a Virgin que le public chante avec elle du début à la fin. Mais, comme je l’évoquais en introduction de cet article, il est gâché par le montage des images utilisant la captation de plusieurs concerts et des passages au ralenti. C’est très gênant puisque son et images (en particulier le mouvement de ses lèvres) ne concordent pas. C’est le gros fail du film de tournée.

Suit un interlude évoquant un dortoir de l’armée, avec 4 lits, et une chorégraphie érotique mettant en scènes 4 couples H/F, F/F et H/H.

Viva España

Pour Living for love, Madonna nous emmène en Espagne, en Andalousie, pour une corrida à sa façon. En toute logique, suit La Isla Bonita. (Petite parenthèse pour signaler qu’en plein milieu apparaît furtivement une image du public qui n’a rien à voir avec le concert).

Anti-Trump

Même si la tournée a débutée en septembre 2015 et que Trump ne s’est lancé dans la course à l’investiture qu’en juin 2015, on a l’impression que tout au long, Madonna lui lance des flèches. Par exemple, d’abord en s’inspirant de la Chine, dont Trump disait énormément de mal à l’époque, puis avec une mise en scène inspirée de la fête des morts au Mexique pour la chanson Dress you up.

Avant de chanter Rebel heart, elle explique : « Il ne sert à rien d’être rebelle si l’on a pas de cause pour laquelle se battre. Mon intention n’est jamais d’abattre quelque chose juste pour détruire, mais de faire tomber les barrières et combattre les discriminations, l’injustice, la bigoterie. Voilà ce qu’est un « rebel heart » ». Elle chante seule sur scène avec sa guitare. Pendant la chanson sont projetées les images de portraits de Madonna créés par des fans. Les images proviennent là encore de soirs différents : D’une image à l’autre, elle porte une tenue de torero noire, puis une longue jupe rose. J’aurais préféré un plan séquence.

L’interlude qui suit est l’un des moments les plus spectaculaires du concert, digne du cirque du soleil avec des danseurs perchés en haut de mâts souples.

Les années folles à Paris

Changement de décors, l’image est maintenant en noir et blanc, nous sommes à Paris dans les années 20, Madonna porte une robe faite de cristaux Swarovski. Elle chante Music façon jazzy avant de revenir aux arrangements originaux, et enchaine avec Give it 2 me et Candy shop. Puis Material Girl où elle se débarrasse un à un de tous les hommes vêtus de chapeau haut de forme en les jetant sur un plan incliné qui prolonge la scène. Seule à guitare, elle chante ensuite, assez mal, La vie en rose. Avant de terminer son show, chaque soir, sur Unapologetic bitch, elle a invité quelqu’un à venir la rejoindre sur scène. A Paris c’était Jean Paul Gaultier le premier soir et Christine and the Queens le second (étrangement dans les remerciements, à la place de son nom de scène est écrit Héloïse Letissier). Ailleurs sont apparus Katie Perry, Ariana Grande, Jessica Chastain, Idris Elba, John Kortagena, Nelly Furtado, et bien d’autres.

Comme souvent le show s’est terminé avec Holiday.