La mode homme revisite le tailoring classique

Cet automne, les collections masculines mettent à l’honneur les vêtements formels. Les costumes sont amples, larges d’épaules, taillés dans des tissus souples et rêches. Ils s’inspirent des tenues tailleur des années 20-30-40 et 80 et des uniformes des travailleurs.

La mode homme est marquée par le retour du tailoring. Les costumes, de deux et trois pièces, et les manteaux étaient très présents dans les défilés de présentation des collections de l’automne 2019. Alors que ces dernières années la tendance était au sportswear.

« Les épaules des vestes et manteaux sont larges, massives, décrit Xavier Chaumette, historien de la mode. Les vestes ont aussi bien une fermeture droite que croisée. Elles sont larges, amples et longues. Mais les épaules ne tombent pas. Les costumes sont assez sobres avec peu de détails comme des surpiqûres. Ils sont taillés dans des tissus souples, mais rêches, d’aspect brut. Beaucoup sont assemblés sans entoilage, à la façon d’une veste de travail. Parfois même sans doublure. Ils s’inspirent des costumes américains de l’après seconde guerre mondiale, eux-mêmes marqués par ceux des années 30 : Il y a un mélange entre le vêtement tailleur, le costume 2 ou 3 pièces, et le vêtement de travail d’après guerre des ouvriers américains qui lui retire une part de son coté conventionnel ». Tiphaine Beaurpère, coordinatrice mode du bureau de style Nelly Rodi confirme que « Cette saison, le costume est plus épuré et architectural. La veste tailleur est dépourvue de toute fioriture. Les proportions sont enveloppantes. On retrouve une influence années 80 et 90 sur les formes, un volume plus droit et des épaules appuyées. Les vestes sont rallongées par rapport à ces dernières années ». Des années 80, on ne garde que la forme, le coté surdimensionné, pas les matières, pas le coté disco, brillant.

La mode homme de cet hiver 2019 est un mélange d’époques

« La mode ne va pas piocher dans une période mais dans des époques qui sont liées, remarque Xavier Chaumette. D’une part, les années 20 – 30 – 40 et leurs petits blousons, pantalons à pince, vestes de costume à épaules larges et fermeture croisée, typique des années 30. D’autre part, les années 80 qui elles-mêmes étaient très marquées par les années 40 – 50. C’est une réinterprétation d’interprétation ».

Les pantalons ont une coupe carotte ou ample. « Ni taille basse, ni taille haute, la taille est au niveau de la taille et des pinces élargissent les hanches », précise-t-il. « Des plis et une ceinture large, des poches latérales passepoilées et une longueur feu de plancher pour la modernité », ajoute Tiphaine Beaurpère. Feu de plancher signifie que l’ourlet est fait de manière à découvrir totalement la chaussure et même 1 cm de chaussette. Celle-ci fait ainsi partie du look. Parmi les coloris, beaucoup de bleus, de marine, de gris ardoise jusqu’à des gris flanelle plus clair avec beaucoup de traitement de matières, de chevrons, carreaux et effets chinés.