Interview de Cyril Descours, à l’affiche de “Madame Solario”

Entre lumière et obscurité dans “Madame Solario”

Cyril Descours

Cyril Descours est à l’affiche de “Madame Solario“, qui sort le 22 août. Un film dont l’action se passe à la Belle Epoque, période de grande élégance vestimentaire. Il nous parle de ce nouveau film, de ses autres longs-métrages en préparation, de mode, de sport, de Paris….

Parlez-moi de votre nouveau film Madame Solario

Il est adapté d’un livre de Gladys Huntington qui a fait un énorme scandale à sa parution en 1956. Il raconte l’histoire d’un frère et de sa sœur qui ont une relation un peu spéciale avec une affaire d’inceste. Et puis au départ la publication était anonyme. Alors les gens se demandaient qui l’avait écrit. Certains pensaient que c’était de Winston Churchill parce qu’il y avait des histoires bizarres dans sa famille. Avec ces polémiques, il a connu un grand succès à sa sortie.

Quelle est l’histoire ?

L’action se passe à la Belle Epoque, en 1906, au lac de Côme en Italie, où se retrouvait toute la belle société européenne pour passer des vacances dans d’immenses villas et hôtels somptueux. Madame Solario est le centre de toutes les attentions et de tous les regards masculins. Tout se passe bien jusqu’à ce que son frère arrive avec des secrets lourds de conséquences. Ce qui définit ce film, c’est une ambiance pesante, des secrets, des histoires de famille un peu glauques dans ce cadre lumineux de la Belle Epoque au lac de Côme avec des costumes magnifiques. C’est un contraste entre la pesanteur de leur histoire familiale et la lumière de l’apparat.

Comment avez-vous obtenu ce rôle ?

René Féret a vu le film « Complices ». Il trouvait que je correspondais à l’image qu’il se faisait du personnage dans « Madame Solario ». Je pense que ça a à voir avec le côté ambigu. C’est le point commun entre les personnages de ces 2 films : l’opposition entre lumière, candeur et noirceur, profondeur. C’est un jeune homme sympathique qui cache plein de choses. Nous avons parlé du film. Il m’a donné le scénario et j’ai vu que c’était un rôle très riche. Plus tard nous avons fait une séance de travail. Il a une approche très simple. Nous avons lu quelques scènes. Nous avons eu un contact très immédiat. C’était en juin et le tournage a commencé peu de temps après : début août.

Vous jouez un personnage très élégant, avec une petite moustache, avez-vous pris du plaisir à être bien habillé ?

La moustache vous en pensez quoi ? C’est spécial. Certains aiment, d’autres détestent…. Pour les vêtements, ce n’était pas évident car nous avions de vrais costumes d’époque. Ils sont étroits d’épaules parce que les gens de la belle société n’étaient pas du tout sportifs. Aucun ne m’allait. Je n’arrivais pas à croiser les bras. L’un des costumes, très beau, je n’ai pu le porter que dans une scène où je n’avais pas besoin de lever les bras. A la Belle Epoque ils avaient tout : chapeau, canne, cravate… C’était le top.

Vous intéressez-vous à la mode ?

Dans la vie de tous les jours, pas spécialement. Je porte le vêtement le plus simple qui me tombe sous la main. Dans les grandes occasions, j’aime beaucoup être élégant, porter de beaux costumes. C’est vrai que ça donne une prestance. Mais je ne suis pas du genre à dépenser tout mon argent en vêtements. On m’a parfois invité à des défilés, je n’y suis jamais allé. Par contre, j’ai défilé une fois. C’était organisé par Gala, au Bon marché, Le concept était « Quand les jeunes acteurs rencontrent les jeunes créateurs ». On était une vingtaine.

Avez-vous d’autres projets en court ?

Deux films doivent sortir : « Le chant des sirènes » pour France 2 qui a eu le prix du meilleur téléfilm au festival de La Rochelle l’année dernière. C’est l’histoire d’un jeune mec de province qui pense avoir un talent pour la chanson. Il rencontre une fille rebeu qui le pousse dans ses retranchements. Ils s’entendent bien. Parallèlement, il fait la connaissance de hooligans. Il les trouve sympas et ne se rend pas compte que ce sont des néo-nazis. J’ai fait une participation dans « Passer l’hiver », qui a été tourné en mars. Je joue un fan d’Elvis Presley qui part à la mer sur un coup de tête avec une femme perdue interprétée par Gabrielle Lazure.

En projet, un premier long-métrage qui raconte l’histoire de deux expatriés à Los Angeles. C’est un polar sur fond de fiesta. Et un film de Laurent Herbiet sur l’histoire vraie d’un garde Suisse qu’on avait trouvé assassiné avec son supérieur et la femme de son supérieur. Ma mère dans le film est Kristin Scott Thomas. Au casting il y a aussi André Dussolier, Sergi Lopez, Willem Dafoe… Le tournage est prévu pour juin.

Comment avez-vous débuté ?

J’ai eu la chance d’être toujours dans des écoles avec atelier théâtre. Depuis l’âge de 9 ans, j’ai fait des spectacles de fin d’année. Tous les ans. Alors finalement ça fait 20 ans que je fais ce métier. Même si c’est en amateur, on apprend un texte, on interprète un personnage devant un public. Au lycée, nous avions une très bonne prof de théâtre et une belle salle. En parallèle, j’ai été au cours Florent, mais c’était juste 3 heures par semaine. Le plus gros de ma formation, c’était au conservatoire du 10ème arrondissement. J’y restais entre 20 et 30 heures par semaine. On a fait un spectacle Roméo et Juliette. Un agent a vu le spectacle et m’a proposé qu’on travaille ensemble….

Avez-vous toujours le temps de pratiquer beaucoup de sports ?

Je fais principalement du karaté, depuis 12 ans, dans un club à Paris, 2 ou 3 fois par semaine. J’ai passé mon 2ème dan de ceinture noire cette année. Je fais du footing, de la natation, je suis un drogué de sport. J’aime essayer tous les sports. Par exemple, j’ai fait du kitesurf en Sardaigne.

Vous pourriez jouer dans un film de karaté…

Karaté kid, ils l’ont déjà fait deux fois… Mais j’ai un projet qui a été proposé à France Télévision, l’histoire d’un champion de karaté récemment retraité et d’un jeune champion.

Quels sont vos endroits préférés à Paris ?

J’adorais aller faire du footing à Montmartre quand j’habitais le quartier, monter, descendre. Au milieu des touristes, on n’a pas l’impression d’être dans sa ville. Sinon, mon quartier de cœur, là où j’ai habité pour la première fois tout seul, est autour du métro Poissonnière, à la croisée des chemins entre Château d’eau avec tous les Africains, le quartier Kurde, le passage Brady et les Indiens, la Gare du Nord où c’est le bordel, et à coté le Sentier. Dans chaque direction se trouve un univers différent.

Madame Solario sort le 22 août