Riposte écologique : que répondre aux idiots utiles des industries polluantes

Les arguments anti écologiques, issus du lobbying des industriels, sont maintenant bien installés dans notre société. Pesticides, climat, éoliennes, etc. Un livre nous fournit les arguments pour contrer les fausses informations.

L’exploitation des hydrocarbure rapporte énormément d’argent : 52 mille milliards de dollars depuis 50 ans d’après une estimation dévoilée par le Guardian. C’est 3 milliards de dollars par jour pendant 50 ans. Depuis des dizaines d’années, les multinationales du pétrole et du gaz savent que leur activité bouleverse le climat. Pour préserver leurs intérêts financiers à court à terme, ces entreprises au pouvoir financier gigantesque, sans commune mesure avec celui des Universités, laboratoires et centres de recherche publics, sèment le doute. Sur la réalité du changement climatique qui a débuté il y a un siècle, puis sur sa cause humaine. Elles ont pour cela financé des sociétés de lobbying et entre autres envoyés de pseudo experts sur les plateaux de télévision. Ce fait est largement documenté par des historiens des sciences et des journalistes. (Exemple).

Depuis des décennies, des lobbys industriels manipulent l’opinion. Après les compagnies pétrolières, ce sont les multinationales de la chimie sur la dangerosité du glyphosate et celle des néonicotinoïdes. Elles inondent journalistes et parlementaires d’études faussement scientifiques. Le but : rendre le sujet complexe, semer le doute.

Le glyphosate est un herbicide qui détruit toutes les plantes y compris la flore microbienne, sauf si elles ont été modifiées génétiquement. On le suspecte de provoquer chez l’être humain cancers et malformations. Le Centre international de recherche sur le cancer le classe comme probablement cancérigène pour les humains. Source : Museum d’histoire naturelle.

Une tribune publiée par Le Monde signée par plus de 1 000 scientifiques rappelle que « les agriculteurs sont les premières victimes de l’exposition aux pesticides et de la dégradation de l’environnement ». 

Répondre à une population manipulée

Au sujet des néonicotinoïdes, Arte a diffusé un documentaire intitulé : Insecticide, comment l’agrochimie a tué les insectes basé sur le livre – enquête du journaliste du Monde Stéphane Foucart Et le monde devint silencieux. Comment l’agrochimie a détruit les insectes. Un documentaire important, d’1h38 s’appuyant l’expertise de nombreux scientifiques, mais aussi d’apiculteurs, pêcheurs et agriculteurs.

Les néonicotinoïdes tuent la vie qui devrait être présente dans les terres agricoles, les microorganismes et vers qui la rendent fertile. Depuis 1990, 75 % des insectes ont disparu en Europe dont un grand nombre d’auxiliaires de culture.

Avec des conséquences désastreuses en chaine. Un exemple est donné avec un lac au Japon qui a perdu tous ses poissons en un an. Ils sont morts de faim n’ayant plus ni insectes, ni vers pour se nourrir.

Des études ont montré que les rendements sont plus élevés sans usage de pesticides, avec une rotation de cultures diversifiées. Avec une monoculture, un agriculteur peut tout perdre. Tandis qu’avec des cultures variées, si une plantation est ravagée par une maladie ou un insecte, les autres ne sont pas.

La biodiversité rend les sols plus riches, plus fertiles, les plantes plus fortes. Rappelons que tout lieu sur terre est un écosystème où tous les organismes vivants sont liés. Si des espèces disparaissent, tout l’écosystème s’effondre.

Franck Courchamp directeur de recherche au CNRS rappelle que « La biodiversité purifie l’air, elle purifie l’eau, elle fertilise les sols, elle polonise les plantes ».

Il est démontré que les rendements agricoles sont plus élevés sans néonicotinoïdes. Non seulement ils ne servent à rien, mais ils pèsent sur les finances des agriculteurs. A lire à ce sujet l’article Pesticides «tueurs d’abeilles» : «Ils n’augmentent pas les rendements agricoles et ont des effets catastrophiques» dans Libération.

Le documentaire diffusé par Arte montre notamment des rendements plus faibles avec le maïs enrobé de néonicotinoïdes, car la plante est gênée dans sa croissance par ce produit chimique, qu’avec une culture bio.

Mais beaucoup d’agriculteurs, manipulés, pensent le contraire. Les géants de la chimie recrutent souvent des jeunes du coin, qu’ils connaissent alors ils leur font confiance.

L’écologie est l’alliée des agriculteurs

On le voit avec les agriculteurs qui demandent moins de protection de l’environnement, contre leur propre intérêt : une partie de l’opinion est manipulée. Entendre dire que les écologistes disent n’importe quoi est courant, pas seulement à l’occasion d’un diner de Noël avec un oncle réac. « Le bio, c’est du marketing », « Le réchauffement climatique est naturel ».

Pour répondre à ce type de d’inepties et de déclarations anti écologiques issues du lobby industriel, Jérémy Bismuth a écrit Manuel de riposte écologique. Tana Editions. Un livre utile car bien que ces raisonnements soient bancals, fallacieux ou même absurdes, nous n’avons pas toujours les mots pour y répondre.

Il traite des principales questions de l’écologie : déforestation, pesticides, voiture électrique, éoliennes, climato scepticisme, véganisme…, fournissant ainsi à la fois la connaissance scientifique, mais aussi la rhétorique pour répondre aux attaques anti écologie.