Lors des défilés de mode mode été 2026, les créateurs ont utilisé l’épaule extra large comme un élément de design, presqu’architectural.
Saint Laurent, Louis Vuitton, Ami Paris, Celine et bien d’autres maisons proposent cet été 2026 des vestes, blousons et manteaux aux épaules surdimensionnées. L’aspect « architectural » et décollé du corps (le vêtement qui ne touche plus la peau) répond à un besoin de protection.




Besoin de protection par le vêtement
On parle parfois de « vêtement-armure » ou de « vêtement-cocon ». Dans un monde instable, le vêtement devient un espace privé, une structure solide que l’on transporte avec soi.
Cette mode « architecturale » actuelle est donc probablement liée à la crise économique et à l’incertitude géopolitique. Ce n’est pas la première fois que s’impose une mode aux épaules larges dans le vestiaire masculin. Une corrélation est évidente entre les périodes de grande incertitude et l’apparition de silhouettes protectrices, rigides ou démesurées.
L’autre explication est le désir d’un style affirmé. Les propositions d’ensemble ont un coté cool, décontracté, dépareillé. Elles sont plus débraillées que rigides, ce qui le distingue des épaules larges des années 30.
Drape suite des années 30
Les années 30 sont l’âge d’or de ce que l’on appelle indifféremment Drape cut, blade cut, drape suite, London cut qui accentue la silhouette en « V » caractéristique d’une coupe aux larges épaules et à la taille marquée. L’objectif était de créer artificiellement une silhouette montrant force physique et bonne santé, sans avoir besoin d’être un athlète.
Cette coupe servait à projeter une image de prospérité et de solidité alors que les banques s’effondraient. C’était une manière de dire « je tiens encore debout ». Des stars comme Fred Astaire ou Cary Grant ont popularisé ce look, le rendant synonyme d’élégance suprême et de succès malgré la Grande Dépression.
Cette coupe est aussi liée à la monté du fascisme des années 30. Une veste très épaulée accentue la carrure idéale, le corps athlétique, héroïque et « impérial » que les régimes autoritaires ont toujours glorifié. Une veste large impose une discipline visuelle : on ne peut pas être avachi dans une veste à grosses épaulettes. Elle force à se tenir droit. L’épaule XXL crée une silhouette carrée qui gomme les particularités individuelles au profit d’une masse imposante. C’est l’esthétique de la stature.
Power dressing des années 80
Les années 80 voient le retour triomphal de la carrure imposante. C’est ce que l’on appelle le power dressing. Mais la veste est plus souple. C’est une décennie marquée par l’argent roi et l’ambition (l’ère des « Yuppies »). L’épaule large servait à impressionner. Plus la carrure était imposante, plus l’homme paraissait dominant dans le monde des affaires.
En savoir plus sur Magazine de l'homme urbain
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
