Pour savoir quels dépistages des cancers spécifiques aux hommes, des testicules et de la prostate, il faut réaliser et à quel âge, nous avons interrogé Olivier Jérôme, Président de CerHom. Cette association, engagée dans la lutte contre les cancers masculins, informe, sensibilise, encourage la prévention et accompagne les malades.
Quels sont les dépistages de cancers masculins à faire et à quel âge ?
Olivier Jérôme : Le cancer des testicules est un cancer des hommes jeunes, de 18 à 35 ans. Il concerne de 2300 à 2800 personnes par an. Il n’y a pas de dépistage. La prévention passe par l’autopalpation. Les jeunes hommes doivent prendre l’habitude, une fois par mois, sous la douche de palper leurs testicules pour détecter une anomalie.
Comment réaliser l’autopalpation des testicules ? (toucher ses couilles)
Il faut faire rouler ses testicules doucement entre le pouce et les doigts pour détecter s’il y a quelque chose de dur ou gênant. S’il y a un truc bizarre, il faut en parler à son médecin. En cas de besoin, il va prescrire une échographie. Elle permet de voir facilement s’il y a une tumeur cancéreuse ou pas. Dans ce cas, l’idéal est d’être orienté vers un centre qui a l’habitude de traiter spécifiquement ce cancer car il se soigne très bien quand il est pris en charge correctement et à temps.

Comment dépister le cancer la prostate ?
C’est un cancer très fréquent. Le nombre de cas par an est de 60 000 avec 9200 décès par an en France.
Le dépistage existe mais n’est pas systématique. Il consiste en une prise de sang pour mesurer le dosage du PSA (Prostate Specific Antigen). Mais ce chiffre ne permet pas de dire s’il y a cancer ou pas. Si le taux est élevé, il faut surveiller son évolution. Voir à quelle vitesse il augmente. A 50 ans, c’est bien de le faire pour avoir un point de repère. Mesurer le PSA permet un suivi.

Pourquoi le dépistage n’est-il pas systématique ?
Pour plusieurs raisons. La prostate est un organe qui dégénère avec le temps. Le cancer de la prostate est une maladie latente. Si l’on pratiquait une autopsie chez tous les hommes très âgés décédés d’une autre cause, on découvrirait très souvent qu’ils avaient ce cancer. C’est un cancer à évolution lente la plupart du temps. Alors quand il est dépisté, on intervient le plus tard possible car le traitement n’est pas anodin. La prostate a un rôle crucial. Si on n’a plus de prostate, on n’a plus d’éjaculation et il peut y avoir aussi des problèmes d’érection et de fuites urinaires.
Peut-on réduire les risques d’avoir un cancer ?
Pour le cancer des testicules, des études tendent à démonter que le cannabis pourrait être un facteur aggravant.
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